L’Association française de Sociologie (AFS) a fait très fort ! En rentrant de vacances, ses porte-parole ont découvert l’affaire Jason Arday, devenue affaire Nathan Cofnas. Sur le site de l’Observatoire d’éthique universitaire, il y eut un éditorial publié le 8 août, puis un article publié le 5 septembre, qui tous deux ont fouillé, analysé, pesé la responsabilité des uns et des autres dans la séquence des événements qui se sont succédé et ont abouti à la plus déplorable issue qui se pouvait concevoir : le suicide de Jason Arday. Chacun de nos articles a été amplement garni de liens et de références afin que chacun puisse se faire une idée et comprendre.
L’Association française de Sociologie a attendu le 17 septembre pour publier un communiqué rédigé à la hâte, comme pour rattraper le temps perdu sur les plages ; un seul point semble avoir été retenu, résumé en deux mots-clés « Noir » et « racisme », avec le syllogisme primaire : Jason Arday était Noir, et c’est donc le racisme qui l’a tué. Les membres de l’AFS devront aller chercher des informations ailleurs (ils seront les bienvenus sur notre site). Dans ce communiqué, il n’est pas question de plagiat, de mythomanie, de compétence ou d’incompétence scientifique ; l’université de Cambridge n’est même pas mentionnée, ni par conséquent sa politique de recrutement pour le moins étrange, pas plus que l’université de Gand et ses pas de deux.
Jason Arday méritait mieux que ce communiqué. Aurait-il été rédigé par une intelligence artificielle ? C’est ce que m’a suggéré un « détecteur de mensonges » (https://scispace.com/fr/ai-detector). Les propos du communiqué sont tellement convenus qu’une intelligence artificielle a cru que c’était elle qui était à l’œuvre ! La question est posée : peut-on vraiment détecter les textes générés par IA ? En outre, si une IA analyse le travail d’une IA, il y a quand même un conflit d’intérêt majeur. Si les chatbots radicalisent le conformisme, c’est qu’il existait avant eux et l’AFS est parfaitement capable de rédiger manu militanti cette enfilade de mots-clés, qui ne brille que par les mots absents.