Y aura-t-il un Sapin à Noël ? Pas à Radio Rance, en tout cas. Un quarteron de syndicalistes en a décidé ainsi, appuyé par la secte des « artistes et intellectuels » pétitionnaires compulsifs. Ces derniers, à l’image de leurs prédécesseurs Sartre ou Foucault, ne négligent jamais leur soutien à une cause indéfendable. Après avoir applaudi Mao et les Khmers Rouges, ils ont salué en libérateur l’ayatollah Khomeini. Ernaux et Ernotte, les Marx Sisters pas vraiment comiques de l’Audiovisuel de Sévice Public.
Et l’Arcom de regarder en l’air, justifiant plus que largement les critiques émises par Charles Alloncle, révélant son inutilité voire sa nuisibilité. Un politique a, enfin, dit la vérité ; il faudra l’exécuter. Chez ces gens là, on ne pense pas, Monsieur, on juge. Mais avec une notion de la justice qui est celle des tribunaux staliniens et du Comité de salauds Public de la Terreur.
Nous vivons au temps des trahisons lexicales et de l’inversion des valeurs. Car c’est au nom de la défense du pluralisme « dans des limites admissibles » (sic… pour qui ?) que cette cohorte d’inquisiteurs de la bienpensance a écarté Charles Sapin de l’antenne. Il est vrai que 150 secondes par semaine de parole « non conforme » à l’heure où blanchit la campagne c’est encore trop. Pour ces petits Beria, l’éventail de la liberté d’expression va de Rima Hassan à Marine… Tondelier. On accordera quelques accès aux ondes désormais brunes à certains « socialistes », à condition qu’ils se soient prosternés devant le Lider Minimo, telle l’inénarrable Ségolène dont la soif d’existitude rejoint dans le pathétique celle d’un Francis Lalanne.
Dans une délirante surenchère de complexe obsidional, sur France Intox, Patrick Cohen – oui, celui là même pris en flag de magouille politicarde pour les municipales à Paris – s’érige en parangon d’objectivité et demande l’interdiction de CNews. Le sectarisme idéologique est présenté comme du pluralisme. Chez ces gens là, Monsieur, on ose tout, disait Michel Audiard. Comme dans Le Maître et Marguerite, le Diable s’habille en Pravda.
Inversion des valeurs, disions-nous. C’est sur ces mêmes ondes que l’on défend contre toute évidence le plagiaire Thélyson Orélien. Comme Cambridge a promu et défendu Jason Arday ; comme Harvard a promu et défendu Claudine Gay. Car selon le dogme woke, les seuls talents et compétences à considérer sont la couleur de peau et l’adhésion à l’intersectionnisme. Qu’impotent la tricherie et le mensonge.
Quant aux trahisons lexicales, nous en noterons trois. La première est tellement banalisée qu’elle se retrouve dans un intitulé ministériel. Répétons-leur le mot, ils avaleront la chose, disait Lénine. Il s’agit du mot « écologie ». Par définition, l’écologie est un domaine des sciences biologiques – pratiqué par des écologues (nuance indispensable) – qui étudie les écosystèmes. Plus précisément, qui étudie les relations entre les êtres vivants et leur milieu et entre eux. Dans cette définition, Homo sapiens est un animal parmi d’autres avec son biotope, ses proies, ses prédateurs. Que viendraient faire ici l’écriture inclusive, la théorie du genre ou le droit à la paresse, étendards de nos « écologistes » ou plutôt « escrologistes » comme les désigne fort justement Franz-Olivier Giesbert ?
La seconde trahison lexicale et celle du mot « républicain ». À l’issue des sénatoriales, un élu communiste s’est dit effaré de voir des sénateurs d’extrême droite entrer au Sénat, en disant qu’ils ne sont pas républicains et que « c’est la première fois dans l’histoire qu’il y aura des sénateurs non républicains, prêts à ne pas respecter la Constitution ». Les élus communistes des années 1970, étaient-ils donc républicains ? Jacques Duclos, inamovible président du groupe communiste au Sénat, avec sa bonne tête de grand-père pâtissier, était le pire des apparatchiks staliniens, inféodé à Moscou et prêt à toutes les révolutions et à toutes les proscriptions, pour ne pas dire toutes les éliminations. Un républicain, lui ? Et ce politicien extrémiste, chef d’un parti passionnément antisémite, qui veut aujourd’hui créer la VIe République, a-t-il l’intention de respecter la Constitution ? Il menace sans honte de mettre le feu au pays si les extrémistes du bord opposé qu’il dénonce arrivent au pouvoir – et il fait tout pour cela ! Que de bons républicains nous avons là ! Que chacun vote selon sa conscience, ses espoirs, ses craintes, à droite, à gauche, au centre ou aux extrêmes. Tous les élus de la République sont républicains par définition : ils se sont pliés au jeu de la démocratie… Et si un parti est actuellement crédité d’un tiers des suffrages, cela veut-il dire qu’un tiers des citoyens n’est pas républicain ?
Mais la plus grave, la plus ignoble des trahisons lexicales, qui se double d’une inversion des valeurs, est celle qui concerne le mot « génocide ». S’il y a bien eu un génocide récemment au Proche-Orient, ce n’est pas à Gaza mais celui perpétré le 7 octobre 2023 par les terroristes du Hamas contre la population israélienne qui a eu le seul tort d’être (majoritairement) juive. Terroristes qui, dans leur ignominie et leur lâcheté, sont aussi responsables des nombreux morts civils de Gaza, utilisés comme otages et boucliers quand ils n’ont pas été exécutés comme « opposants ». Relayer le mensonge d’un « génocide à Gaza » relève de la collaboration voire de la complicité avec ce qu’il faut bien nommer un « gaucho-nazisme ». Tous les ingrédients sont là : racisme identitaire, antisémitisme viscéral, déni de la démocratie, appel à la violence. On peut y ajouter l’appui aux groupes terroristes et aux pires dictatures (islamistes, chavistes ou poutino-maoïstes). Le néonazisme est aujourd’hui à l’extrême gauche. Inversion des valeurs, donc, et grande mystification démagogique qui, hélas !, séduit les jeunes bourgeois frustrés. Les promesses d’un paradis progressiste cachent une réalité d’enfer totalitaire. Caractéristique de cette inversion des valeurs : ce député-nervi de la Jeune Garde de LFI qui a tatoué sur son bras « Bella Ciao ». Les résistants italiens doivent se retourner dans leurs tombes. Pier-Paolo Pasolini avait bien anticipé cette dérive des valeurs : « le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle antifascisme ».