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« Racialisme », hégémonie, et manipulation communautaire

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« Racialisme », hégémonie, et manipulation communautaire

[Par Vinh BINH, informaticien, ancien éléve de l’INALCO]

Le titre d’un livre sorti en avril 2021 est significatif d’un moment intellectuel en France (Ya-Han Chuang : « Une minorité modèle ? Chinois de France et racisme anti-Asiatiques » La Découverte). 

Il dévoile tout un programme politique : pour s’en rendre compte, remplaçons l’état civil « Chinois » par « Allemands » (ou « Américains ») et le qualificatif culturel ou ethnique « Asiatiques » par « Européens » (ou « Occidentaux »). L’imposture est manifeste.

Une « convergence » est totalement possible entre la vogue « racialiste » et « déconstructionniste » française, avec l’intérêt de certaines Puissances Nationales. Il ne serait pas impossible, en effet, que le Soft Power chinois se réjouisse de pouvoir surfer (un jour) sur ce prétendu racisme « anti-Asiatiques » que le livre essaie de dévoiler – sinon de « construire » – en Occident (derrière une déconstruction, quelle construction non avouée ?). La Chine de Xi adorerait se faire la seule représentante bienveillante de la population originaire d’Asie vivant en Occident, au terme d’une mainmise politique sur cette population par des groupuscules militants aux objectifs prochinois non avoués, si jamais cette population pouvait l’aider à résoudre certains conflits sino-occidentaux à venir (voire à en créer certains de toutes pièces, si besoin…).

La soif de trouver du racisme et de la « colonialité » partout, afin de tout reconstruire selon ses propres vues militantes, autorisent maintenant certains militants à considérer comme « raciste » le regard positif et laudateur porté sur des individus « bien vus » et présentés parfois comme des modèles : ce regard positif serait donc la preuve d’une soif de domination et d’exclusion sur une catégorie spécifique de Français. Le « racialisme » atteint, là, un sommet dans la pathologie sociale (ou dans la manipulation mentale ou politique).

Dans ce mouvement qui occupe tant nos Intellectuels et nos militants convaincus d’être « de Gauche » ou « Progressistes », la Chine pourrait vite comprendre tout le profit qu’elle pourrait tirer d’une déstabilisation sociale et politique d‘un pays qu’elle considère comme un ennemi, puisque ce dernier essaie de faire valoir la liberté (entre autres) de navigation dans des eaux internationales que Xi est en train d’envahir (En Indopacifique, ou « Méditerranée Asiatique »). Faire croire à un racisme ciblé contre des « Chinois », en assimilant un état civil national (chinois) à une communauté ethnique et culturelle plus large et très diverses comprenant tous les Asiatiques vivant en France, serait une bonne opération pour la bureaucratie chinoise (un hold-up politique qui ressemble fort à ce que la Chine sait faire en Asie avec les asiatiques qui ne veulent pas devenir …chinois).

Il faut aussi noter que ce livre est publié par un éditeur dont le passé militant dogmatique est resté très actif, et qui sait cacher certains de ses choix éditoriaux anti-occidentaux derrière une nouvelle étiquette plutôt joyeuse et charmante, et une édition plus ouverte que celle des années 70.  

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