Observatoire d’éthique universitaire
Menu

Cecilia Jourdan, l’influenceuse qui déconstruit l’image de la femme française aux Etats-Unis

Cecilia Jourdan, l’influenceuse qui déconstruit l’image de la femme française aux Etats-Unis

Collectif

Tribune des observateurs

Table des matières

Cecilia Jourdan, l’influenceuse qui déconstruit l’image de la femme française aux Etats-Unis

Read More  Depuis un mois, on l’arrête dans les rues de Manhattan. Elle n’y était pas préparée. Gagner un million d’abonnés sur Instagram en soixante jours, ça n’arrive pratiquement jamais, et pourtant c’est arrivé à Cécilia Jourdan, alias Hello French, une Française expatriée à New York qui vient de se retrouver à la tête de la première communauté francophile du monde sur le réseau social. « La femme française est hétéro, elle a trois enfants et un super taf dans la mode, souligne Cécilia Jourdan. Moi, j’essaie justement de la déconstruire. Je suis queer. Ma femme, Criselis Pérez, est vénézuélienne. » Cécilia Jourdan Créée au début de la pandémie de Covid-19 pour faire connaître ses cours de français à distance, sa page a vu son audience exploser ce 8 janvier avec une vidéo intitulée « Speak French to your kids » (« Parlez français à vos enfants ») où cette ancienne aspirante comédienne articule des mots comme « arrête ! », « ça suffit » et « chut » d’un ton exaspéré, un verre de vin rouge à la main. Par quelque mystère de l’algorithme, la publication est devenue virale, recueillant douze millions de vues, 645 754 « j’aime » et un certain nombre de commentaires du genre « pauvres enfants français ». Dès lors, le compteur d’abonnés s’est affolé, jusqu’à 57 000 par jour, si bien que, le 12 février, cette femme de 33 ans a fait irruption dans le club jalousé des créateurs de contenus millionnaires en followers : 0,18 % des comptes Instagram. Au milieu des années 2000, le best-seller d’une autre Française expatriée à New York, Mireille Guiliano, lançait un phénomène d’édition. Ces Françaises qui ne grossissent pas (J’ai lu, 2004) – trois millions d’exemplaires vendus dans quarante langues – fut bientôt rejoint dans les rayons de développement personnel des librairies américaines par d’innombrables traités sur les qualités innées, mais pas inimitables, de la femme française. Comment devenir mince comme elle, chic comme elle, sexy comme elle ? Quel est son secret pour avoir des enfants modèles ? Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, ce filon s’est adapté au monde numérique. Au passage, la créature mythologique a rajeuni : ce qui fait recette sur TikTok, c’est le French girl aesthetic. Comme la femme française, la French girl fait vendre – du contenu, du rouge à lèvres –, mais sa mystique est aujourd’hui controversée, surtout dans la génération Z. Trop blanche, trop bourgeoise, trop soumise au male gaze, elle est devenue, pour emprunter un mot en vogue dans la jeunesse américaine, problématique. Il vous reste 65.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés. 

Depuis un mois, on l’arrête dans les rues de Manhattan. Elle n’y était pas préparée. Gagner un million d’abonnés sur Instagram en soixante jours, ça n’arrive pratiquement jamais, et pourtant c’est arrivé à Cécilia Jourdan, alias Hello French, une Française expatriée à New York qui vient de se retrouver à la tête de la première communauté francophile du monde sur le réseau social.

« La femme française est hétéro, elle a trois enfants et un super taf dans la mode, souligne Cécilia Jourdan. Moi, j’essaie justement de la déconstruire. Je suis queer. Ma femme, Criselis Pérez, est vénézuélienne. » Cécilia Jourdan

Créée au début de la pandémie de Covid-19 pour faire connaître ses cours de français à distance, sa page a vu son audience exploser ce 8 janvier avec une vidéo intitulée « Speak French to your kids » (« Parlez français à vos enfants ») où cette ancienne aspirante comédienne articule des mots comme « arrête ! », « ça suffit » et « chut » d’un ton exaspéré, un verre de vin rouge à la main.

Par quelque mystère de l’algorithme, la publication est devenue virale, recueillant douze millions de vues, 645 754 « j’aime » et un certain nombre de commentaires du genre « pauvres enfants français ». Dès lors, le compteur d’abonnés s’est affolé, jusqu’à 57 000 par jour, si bien que, le 12 février, cette femme de 33 ans a fait irruption dans le club jalousé des créateurs de contenus millionnaires en followers : 0,18 % des comptes Instagram.

Au milieu des années 2000, le best-seller d’une autre Française expatriée à New York, Mireille Guiliano, lançait un phénomène d’édition. Ces Françaises qui ne grossissent pas (J’ai lu, 2004) – trois millions d’exemplaires vendus dans quarante langues – fut bientôt rejoint dans les rayons de développement personnel des librairies américaines par d’innombrables traités sur les qualités innées, mais pas inimitables, de la femme française. Comment devenir mince comme elle, chic comme elle, sexy comme elle ? Quel est son secret pour avoir des enfants modèles ?

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, ce filon s’est adapté au monde numérique. Au passage, la créature mythologique a rajeuni : ce qui fait recette sur TikTok, c’est le French girl aesthetic. Comme la femme française, la French girl fait vendre – du contenu, du rouge à lèvres –, mais sa mystique est aujourd’hui controversée, surtout dans la génération Z. Trop blanche, trop bourgeoise, trop soumise au male gaze, elle est devenue, pour emprunter un mot en vogue dans la jeunesse américaine, problématique.

Il vous reste 65.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

 

« Ce post est un relevé d’information de notre veille d’information »

Auteur

Collectif

Tribune des observateurs

Toutes ses publications

[side_notes]

Droit de réponse et contributions
Vous souhaitez réagir ? Soumettez une proposition de tribune →

Vous pourriez aimer aussi :

Le français sans la France – Trois phrases et une doctrine

Trois déclarations d’Emmanuel Macron sur les langues régionales, la francophonie africaine et l’arabe en France révèlent une même confusion : celle qui consiste à parler de la langue française sans plus la penser comme une langue de civilisation. Les langues régionales ne furent pas des ennemies de la nation ; la vitalité démographique du français en Afrique ne supprime pas son histoire française ; la présence de l’arabe en France ne saurait redéfinir à elle seule notre politique linguistique. Défendre le français ne signifie pas refuser les autres langues, mais rappeler qu’une langue commune est aussi une mémoire, une exigence et une discipline de l’esprit.

Nous vivions côte à côte – Itinéraire d’un « petit blanc » de banlieue.

Mêlant autobiographie et analyse, Alexandre Devecchio raconte la métamorphose de la Seine-Saint-Denis, d'une banlieue d'assimilation à un territoire profondément fracturé, tout en laissant entrevoir une possible réconciliation. Une recension et un pastiche signés Lucien Vollesan.
Ce qu'il vous reste à lire
0 %

Peut-être devriez-vous vous abonner ?

Sinon, ce n’est pas grave ! Vous pouvez fermer cette fenêtre et continuer votre lecture.

    S'enregistrer: