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Tremblement de terre au Maroc : le roi refuse l’aide de la France… sauf pour se faire soigner.

Sun rides over rolling sand

Tremblement de terre au Maroc : le roi refuse l’aide de la France… sauf pour se faire soigner.

Vincent Tournier

Maître de conférences en science politique à l'IEP de Grenoble.
Après le tremblement de terre, le roi du Maroc a mis quatre jours pour se rendre sur place. Quatre jours, c’est beaucoup. Pourquoi un tel retard à l’allumage ? Simple : son altesse se trouvait en France pour des soins médicaux. Et ce n’était pas la première fois : en 2018 il était déjà venu dans l’hexagone pour une opération du cœur.

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Tremblement de terre au Maroc : le roi refuse l’aide de la France… sauf pour se faire soigner.

Après le tremblement de terre, le roi du Maroc a mis quatre jours pour se rendre sur place.

Quatre jours, c’est beaucoup. Pourquoi un tel retard à l’allumage ? Simple : son altesse se trouvait en France pour des soins médicaux. Et ce n’était pas la première fois : en 2018 il était déjà venu dans l’hexagone pour une opération du cœur.

D’autres satrapes de la région font la même chose. On se souvient par exemple que l’ancien président Bouteflika avait lui aussi pour habitude de faire le déplacement. Gageons qu’une bonne partie de la nomenklatura du Maghreb et d’Afrique ne se prive pas de ces petits voyages sanitaires, encouragés du reste par la France comme le montre ce livret de l’ambassade française à Rabat.

Cet hommage rendu par les dirigeants locaux à la médecine française ne les empêche pas de dire tout le mal qu’ils pensent de la France. On ne serait d’ailleurs pas surpris de découvrir, dans les mois qui viennent, que les putschistes du Mali ou du Niger, après avoir déclamé leur haine de la France, se rendent à leur tour discrètement dans un hôpital hexagonal.

Dans le cas du Maroc, le problème prend une autre tournure après le refus apposé par le roi à la proposition française d’envoyer de l’aide aux sinistrés.  

Comme à leur habitude, les médias français sont restés très silencieux sur cet étrange paradoxe. On ne va pas commencer à demander des comptes au roi, surtout si celui-ci est malade. Face au refus royal, le président Macron a encaissé sans broncher, faisant valoir que le Maroc est un pays souverain.

L’argument pourrait se recevoir s’il s’agissait d’un autre pays. Mais on a appris que les volontaires français qui, n’écoutant que leur conscience, avaient décidé de se rendre au Maroc de leur propre initiative, ont été contraints de se faire discret en retirant leur drapeau tricolore.

La France reste un pays haï. Qu’elle ose proposer son aide, voilà qui est insupportable. Plutôt mourir. Ici, l’honneur passe avant la vie. Les Marocains semblent l’accepter. On ne les verra donc pas dans la rue pour protester contre un régime qui fait visiblement le minimum pour protéger sa population. Oui Votre Altesse : nous acceptons de mourir dans d’atroces souffrances plutôt que de porter atteinte à l’honneur de sa Majesté et de notre pays.

Vu de France, cette hiérarchie des valeurs ne pose pas de problème. C’est une règle d’or depuis la décolonisation : on ne va pas commencer à juger ces pays à l’aune de nos critères occidentaux. Ces pays ont tellement souffert par notre faute qu’il serait inconvenant de leur faire la morale. Et ce n’est évidemment pas le mouvement décolonial, si prompt à dénoncer la France en toutes circonstances, qui va se lancer sur ce terrain.

Une question reste cependant en suspens, qui ressurgit immanquablement à l’occasion de tels événements dramatiques : chères anciennes colonies, qu’avez-vous fait de votre indépendance ?

Auteur

Vincent Tournier

Maître de conférences en science politique à l'IEP de Grenoble.

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