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Les Studies, nouvelle discipline olympique

Les Studies, nouvelle discipline olympique

Pauline Arrighi

Journaliste indépendante, spécialiste des questions de droits des femmes et de bioéthique, Pauline Arrighi a publié "Crimes et délits cocasses", "Et si le féminisme nous rendait heureuses ?" ainsi que "Les Ravages du Genre"
Il y aura eu la première médaillée de l’équipe des réfugiés, la boxeuse camerounaise Cindy Ngamba ; le selfie des pongistes sud- et nord-coréens, unis sur le podium ; et l’Australienne Rachel Gunn, qui s’est distinguée par une prestation de break dance qui ne lui a valu aucun point mais plutôt des flots de quolibets. Il est très probable qu’elle ait consciemment provoqué ce fiasco pour se mettre en avant dans les nombreux médias qui l’ont relaté.

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Les Studies, nouvelle discipline olympique

Il y aura eu la première médaillée de l’équipe des réfugiés, la boxeuse camerounaise Cindy Ngamba ; le selfie des pongistes sud- et nord-coréens, unis sur le podium ; et l’Australienne Rachel Gunn, qui s’est distinguée par une prestation de break dance qui ne lui a valu aucun point mais plutôt des flots de quolibets. Il est très probable qu’elle ait consciemment provoqué ce fiasco pour se mettre en avant dans les nombreux médias qui l’ont relaté.

Le monde entier sait à présent que cette personne est professeur en cultural studies à l’Université de Macquarie, à Sydney. J’ai moi-même découvert grâce à elle l’existence du Global Hip Hop Studies Journal, revue académique qui fait d’un objet d’études une discipline académique, aux côtés du Metal Music Journal, Punk and Post-Punk, et du mystérieux Dance, Mouvement and Spiritualities.

A quoi bon des Hip Hop studies, et non des études sur ce style musical en musicologie ou en histoire culturelle contemporaine ? On trouve un élément de réponse dans l’article collectif « Funk What You Heard, Hip Hop Is a Field of Study » paru dans le Journal of Hip Hop Studies en 2022. D’après ses auteurs, les Hip Hop Studies doivent exister en tant que discipline académique indépendante car les sociologues, historiens etc.. dénigrent cet objet d’études, ce qui serait une manifestation de la suprématie blanche.

C’est une hypothèse, certes. Cependant il est également possible que les « gatekeepers » en question soient tout simplement déroutés par la méthodologie employée par ces chercheurs. En effet, le professeur Rachel Gunn se revendique notamment de l’ « auto-ethnographie ». Avec cette méthode, les données étudiées sont votre propre vécu, sur la base de vos souvenirs. Dans son article «« Don’t Worry, it’s Just a Girl! »: negotiating and challenging gendered assumptions in Sydney’s breakdancing scene », elle étudie sa « propre expérience en tant que l’une des rares femmes break dancers à Sydney ». Dana Horton, l’une des rédactrices en chef du Journal of Hip Hop Studies, a quant à elle publié « Don’t You Fuck with My Energy : The Occult and Intersectional Spirituality in Hip Hop Culture », récit de son propre cheminement spirituel. « Homophobia: An Autoethnographic Story », dans une autre discipline, est le récit à la première personne de Shamla Mc Larin qui décrit son milieu d’origine puis raconte qu’elle a arrêté d’être homophobe après avoir consolé une amie lesbienne qui avait le cœur brisé.

Le lendemain de son fiasco aux JO, Rachel Gunn s’affichait sur Instagramen tenue olympique avec ce mot d’ordre : « Don’t be afraid to be different, go out there and represent yourself, you never know where that’s gonna take you ». Une athlète olympique qui ne représente qu’elle-même et qui promeut la recherche à propos de soi-même : Rachel Gunn a battu un record d’égocentrisme dans ses deux disciplines. Bienvenue aux Jeux Olympiques de la débâcle universitaire !  

Auteur

Pauline Arrighi

Journaliste indépendante, spécialiste des questions de droits des femmes et de bioéthique, Pauline Arrighi a publié "Crimes et délits cocasses", "Et si le féminisme nous rendait heureuses ?" ainsi que "Les Ravages du Genre"

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