
Commission sénatoriale sur l’excellence Universitaire: audition de Xavier-Laurent Salvador
Commission d’enquête au Sénat sur les Universités : audition de Xavier-Laurent Salvador
Cette rubrique rassemble l’ensemble des analyses classées sous ce thème.

Commission d’enquête au Sénat sur les Universités : audition de Xavier-Laurent Salvador

L’école contemporaine confond encore enseignement, répétition et certification dans un même espace : la classe synchronisée. Cette organisation produit des mécanismes d’enfermement pédagogique qui découragent les élèves en difficulté autant qu’elle ralentit les meilleurs.
Cet article propose une autre architecture : réhabiliter la répétition comme espace légitime d’apprentissage grâce à des agents IA conçus non comme des enseignants automatiques, mais comme des répétiteurs numériques pilotés par les professeurs. L’objectif n’est pas de remplacer l’humain, mais de restaurer les conditions d’une progression réelle, asynchrone et exigeante, tout en renforçant la valeur de la certification académique.
Une réflexion sur l’avenir de l’école, de l’université et du savoir à l’ère de l’intelligence artificielle.

Un spectre hante les sociétés contemporaines : celui du wokisme. Dans les universités, les administrations, les espaces publics et professionnels, une idéologie insidieuse cherche à redéfinir les normes culturelles, sociales et politiques. Elle se revendique de l’inclusion, de l’égalité et de la justice sociale, mais s’inscrit en réalité dans une logique de division, de censure et d’oppression idéologique. Nous, opposants au wokisme, nous levons pour défendre les valeurs universelles, la liberté d’expression et le pluralisme démocratique contre cette dérive intellectuelle et politique.

Le concept de « déconstruction » est né des ouvrages de Derrida et, selon ses aimables suiveurs, « il est devenu, dans l’esprit des réactionnaires de tout poil, le mot-valise désignant tout ce qu’ils haïssent dans la pensée, lorsque celle-ci cherche à émanciper davantage qu’à ordonner ».

Islamophobie a un clair usage politique qui a été consacré par Jean-Luc Mélenchon. Mais au-delà, quel sens véritable a le terme ? Et ce qu’il est censé désigner – une hostilité profonde à l’égard des musulmans qui se serait répandue dans la société française – est-il étayé par des faits ?

L’idéologie woke a depuis longtemps pénétré le quotidien du monde de l’entreprise et de l’administration publique. Il y a des phénomènes majeurs et incontournables auxquels tout le monde pense. Et il y a ces petites choses de tous les jours, contre lesquelles on ne sait pas quoi faire, et qui grignotent chaque jour notre espace de liberté. Quels exemples ? D’où est-ce que ça vient ? Que peut-on faire ?

Le budget du Conseil européen de la recherche (ERC) alloué au programme de sept ans d’Horizon Europe s’élève à 16 milliards d’euros dédiés aux pays membres de l’UE ainsi qu’aux nations associées, dans le cadre du programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation (PCRI). La France est-elle autonome dans sa politique d’enseignement supérieur ? Non, car elle se conforme aux politiques européennes inspirées par les Nations unies visant à atteindre des objectifs fixés de l’extérieur. Au cours des 15 dernières années, la recherche et l’enseignement supérieur en France ont été transformés en silence, en partie influencés par les modèles libéraux anglo-saxons établis par Bruxelles.

l n’est plus nécessaire de rappeler la perméabilité de pans entiers de la recherche académique aux théories elles-mêmes issues de la French Theory et du déconstructivisme à tout crin. D’abord cantonnée aux sciences humaines et sociales, cette lame de fond touche désormais les sciences dures puisque des articles perchés de type « Queer identity and theory intersections in mathematics education: a theoretical literature review » ou « A quantum physics explanation for polyamory, BDSM, and queer people » sont désormais monnaie courante (1, 2).
Aux USA, cette tendance et notamment l’irruption de la Critical Race Theory (ou Théorie Critique de la Race) touche désormais les sciences médicales et c’est avec un mélange d’amusement et de consternation que l’on voit fleurir, dans les grands congrès internationaux usuellement tenus en Amérique du Nord, des travaux lunaires visant désormais à dénoncer le racisme systémique endémique et patriarcal WASP dans la prise en charge du patient atteint de cancer.

La prétention à contribuer au progrès social de l’écriture inclusive (EI) se fonde sur des prémisses fausses, liées à une interprétation partiale déformant la réalité des fonctionnements grammaticaux attestés de la langue française. L’écriture inclusive est une réforme militante de la langue construite sur la dénonciation d’injustices imaginaires dérivant d’interprétations symboliques qui ne correspondent à aucune réalité proprement linguistique. Elle entend y inscrire diverses identités de sexe ou « visibiliser » les femmes, marketing politique qui n’a rien de commun avec la description des classes nominale du français et constitue une revendication politique fondée sur des croyances et non sur des connaissances empiriquement vérifiées. Ses partisans, même parmi les linguistes, prescrivent des ouvrages et références qui vont à rebours des méthodes, données et savoirs admis en sciences du langage.

Le phénomène dit « woke » ou « wokisme » est international : développé initialement sur les campus nord-américains vers la fin des années 2010 et ayant rapidement atteint les mondes de la culture, de la politique et même de l’entreprise, il n’a pas tardé à traverser l’Atlantique pour investir nombre de pays européens. Son succès tient pour une grande part au fait qu’il défend des causes associées, à juste titre, au progrès et à la justice, mais – et c’est là qu’il pose problème – en en faisant des grilles systématiques voire uniques de perception du monde