« E. Macron: On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier [de professeur] dès le baccalauréat dans ce beau métier »

« E. Macron: On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier [de professeur] dès le baccalauréat dans ce beau métier »

Xavier-Laurent Salvador

Linguiste, Président du LAIC
En abaissant le niveau de recrutement de tous les enseignants, la manoeuvre a donc un objectif simple: effondrer le pouvoir d'achat des enseignants renvoyés dans les limbes de la catégorie indiciaire sur laquelle est basée le calcul de leur rémunération. Avec le même budget, le Ministère pourra donc recruter presque un tiers d'enseignants supplémentaires "niveau bac".

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« E. Macron: On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier [de professeur] dès le baccalauréat dans ce beau métier »

[par XLS]

Nous apprenons à l’intant que le Président de la République est en train de lancer des pistes pour accréditer l’idée que l’absence de recrutements dans la carrière professorale serait la conséquence d’une trop grande exigence de niveau universitaire dans leur recrutement [1]:

« Il est clair que nous devons repenser la formation de nos enseignants. On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier dès le baccalauréat dans ce beau métier. » 

Il faudrait donc selon lui « recruter au bac ».

Une pente dangereuse

Ce fut le cas pendant longtemps: les écoles normales formaient des instituteurs qui avaient le « niveau bac ». C’était avant la massification de l’Enseignement; c’était pour les métiers de l’enfance; c’était avant l’effondrement du baccalauréat dont la presse ne cesse d’annoncer la suppression depuis une décennie.

Abaisser l’exigence universitaire du recrutement prend le contre-pied de la politique menée depuis vingt ans qui n’a cessé d’élever cette exigence. Dans quel but ? Préserver le salaire, déjà attaqué, des enseignants. En élevant le niveau de recrutement des désormais « Professeurs des écoles » au niveau de la Licence, on en faisait des fonctionnaires « catégorie A », ce que n’étaient pas les instituteurs. Ce faisant, on élevait – ou préservait – leur pouvoir d’achat.

En abaissant le niveau de recrutement de tous les enseignants, la manoeuvre a donc un objectif simple: effondrer le pouvoir d’achat des enseignants renvoyés dans les limbes de la catégorie indiciaire sur laquelle est basée le calcul de leur rémunération. Avec le même budget, le Ministère pourra donc recruter presque un tiers d’enseignants supplémentaires « niveau bac ».

Ces jeunes bacheliers – dont on peut craindre que le niveau de formation ne sera pas le meilleur puisque la filière ainsi créée ne sera pas du tout attractive pour les bons élèves – se retrouveraient donc en situation d’employabilité, avec un bas salaire pour une carrière longue ? C’est impensable.

Une formation débrayée de la science ?

L’avantage est très simple pour le Ministère: en recrutant des enseignants catégorie B, il divise le salaire et double la capacité de recrutement. En même temps, il effondre l’influence scientifique de l’Université sur l’Enseignement.

En agissant ainsi, le gouvernement qui prendrait cette décision effondrerait définitivement le service public de l’école: nul doute que les établissements privés verraient leur attractivité renforcée. Est-ce le but ?

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