Les petits blancs ont-ils une identité ?

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Les petits blancs ont-ils une identité ?

Collectif

Tribune des observateurs

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Les petits blancs ont-ils une identité ?

[retrancription des propos tenus par Houria Bouteldja, https://www.youtube.com/watch?v=dk5G6H86jlI]

Parce que nous pensons que lire, c’est mieux qu’écouter ou regarder, et parce que nous pensons qu’il est important de faire lire ce que disent nos collègues: nous voulons ouvrir une collection de documents qui consignent leurs propos. Nous retranscrivons aussi fidèlement que possible les propos publics tenus par Houria Bouteldja conservés dans la vidéo Youtube dont le lien figure en référence


Houria Bouteldja: Il y a une question sur les blancs pire que celle-ci: est ce qu’ils ont une identité ? En fait, si ! , il ya une grande perte d’identité historique, en fait. 

Les petits blancs ont été dévastés avant nous, en fait, avec nous, même nous les colonisés on arrive plus tard dans l’art, dans la déculturation. C’est en fait ce qui fait ce qu’on a aujourd’hui, et qu’on essaye de sauver à travers l’islam, à travers les traditions, à travers un tas de choses, c’est ce que les petits blancs ont perdu et donc d’une certaine manière, il y a un trésor que nous on garde, qui est perdu pour eux[1].

Alors moi je veux bien qu’on dise il y a des identités et des cultures. Mais elle est où la tradition ? Ils sont où les chants ? Elles sont où les danses ? Elle est où la  double identité ou la religion ? Elle est où la spiritualité ? 

En réalité, ce qu’a fait l’état nation en 200 ans, c’est vraiment d’assécher l’individu[2], le groupe, de l’aspirer tout ce qui amène à terre, de lui, toutes ses richesses et de ne lui offrir en échange – et c’est pour ça que moi je parle d’une espèce de pacte faustien avec la nation:  c’est à dire en réalité les classes populaires blanche elles ont échangé contre leur tradition, elles ont (gagné) en échange un certain niveau de vie, des droits et la blanchité…[3] Bref c’est quelque chose, cet impact, c’est un bagage sec, il n’y a rien dedans ! C’est la blanchité et la fierté des blancs est un souvenir plus ou moins lointain d’avoir été. 

Et en face des indigènes qui, malgré tout, se tiennent debout et fiers dans leur religion. 

Alors moi je peux en dire le plus grand mal de des expressions de cette religion parce que je pense qu’il ya plein de choses à en dire par ailleurs ! Mais il n’en reste pas moins qu’il y a une face comme ça – hein ? – qui se dresse, qui se dresse et qui n’est pas inventée, elle est réelle ! Il ya quelque chose de beau, c’est quelque chose de beau.

En plus, il arrive que dans les quartiers on se révolte, on foute le feu partout et on s’autorise à brûler des des établissements publics; c’est à dire qu’en fait: « cool » , quoi ! Enfin on fait un peu ce qu’on veut…quoi ! On est les maîtres chez nous et il y a quelque chose de cet ordre là qui veut qu’on s’autorise des choses dont j’ai le sentiment que les p’tits blancs ne font pas, ils ne s’autorisent pas à faire ce genre de choses[4]. Je dis pas que c’est bien ou c’est mal ! Non ! C’est que c’est comme s’ils étaient, et moi je lie l’épisode des gilet jaune comme le moment ils se sont autorisés à faire la même chose, où  quelque part ils sont redressés.

Donc là oui il s’est passé quelque chose, mais il y a une culture à reconstruire il y a une dignité autour d’une culture qui doit échapper au dispositif national racial.

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