Les nouveaux « braghettone »

Les nouveaux « braghettone »

À la suite d’Apollinaire et de Breton qui redécouvaient des textes que la pruderie avait enfouis, à la suite de Jean-Jacques Pauvert qui publiait courageusement Sade, à la suite des grands éditeurs scientifiques, Lafuma pour Pascal ou Besterman pour Voltaire, les universitaires de la seconde moitié du XXe siècle, emportés par ce vent de liberté, ont voulu à la fois rendre au public des écrivains et des textes qui lui avaient été cachés, et les éditer dans le respect scrupuleux des documents à la source de ces textes.

Table des matières

Les nouveaux « braghettone »

À la suite d’Apollinaire et de Breton qui redécouvaient des textes que la pruderie avait enfouis, à la suite de Jean-Jacques Pauvert qui publiait courageusement Sade, à la suite des grands éditeurs scientifiques, Lafuma pour Pascal ou Besterman pour Voltaire, les universitaires de la seconde moitié du XXe siècle, emportés par ce vent de liberté, ont voulu à la fois rendre au public des écrivains et des textes qui lui avaient été cachés, et les éditer dans le respect scrupuleux des documents à la source de ces textes. Comme la musique qui rendait Rameau au clavecin, les autres arts ont engagé le même mouvement d’authenticité. Ce ne peut donc être qu’avec effarement que l’on voit s’agiter, à propos de l’œuvre de Roald Dahl et au nom d’une soi-disant « sensibilité » qui serait blessée, de nouveaux braghettone qui n’hésitent pas à toucher au texte. Mais la littérature a toujours blessé, bouleversé, fracturé : Saint-Simon blessait la cour, les Lumières blessaient la religion, Flaubert blessait la bourgeoisie et Céline blessait tout le monde. Retirer à la littérature cette force, c’est la tuer.

Droit de réponse et contributions
Vous souhaitez réagir ? Soumettez une proposition de tribune

Vous pourriez aimer aussi :

Quand la médecine oublie de ne pas nuire – « Le sermon d’Hippocrate » de Caroline Éliacheff et Céline Masson

Dans "Le Sermon d’Hippocrate", Caroline Éliacheff et Céline Masson dénoncent les dérives idéologiques de la médecine transaffirmative, en particulier chez les mineurs, des pratiques contraires à l’éthique médicale traditionnelle et sources de graves atteintes physiques et psychiques. En s’appuyant sur des cas concrets, des analyses historiques et le rapport Cass, elles appellent à une remédicalisation rigoureuse fondée sur la psychologie, la prudence clinique et la protection de l’enfant. Un compte rendu d'Emmanuelle Hénin.

Du bonheur dans la cancellation

Dans un bref récit autobiographique, humoristique et caustique, Jacques Robert dénonce l’intimidation dont les organisateurs de colloques sont victimes de la part de sycophantes zélés. La nouvelle cancer culture ? 
Ce qu'il vous reste à lire
0 %

Peut-être devriez-vous vous abonner ?

Sinon, ce n’est pas grave ! Vous pouvez fermer cette fenêtre et continuer votre lecture.

    S'enregistrer: