Les nouveaux « braghettone »

Les nouveaux « braghettone »

À la suite d’Apollinaire et de Breton qui redécouvaient des textes que la pruderie avait enfouis, à la suite de Jean-Jacques Pauvert qui publiait courageusement Sade, à la suite des grands éditeurs scientifiques, Lafuma pour Pascal ou Besterman pour Voltaire, les universitaires de la seconde moitié du XXe siècle, emportés par ce vent de liberté, ont voulu à la fois rendre au public des écrivains et des textes qui lui avaient été cachés, et les éditer dans le respect scrupuleux des documents à la source de ces textes.

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Les nouveaux « braghettone »

À la suite d’Apollinaire et de Breton qui redécouvaient des textes que la pruderie avait enfouis, à la suite de Jean-Jacques Pauvert qui publiait courageusement Sade, à la suite des grands éditeurs scientifiques, Lafuma pour Pascal ou Besterman pour Voltaire, les universitaires de la seconde moitié du XXe siècle, emportés par ce vent de liberté, ont voulu à la fois rendre au public des écrivains et des textes qui lui avaient été cachés, et les éditer dans le respect scrupuleux des documents à la source de ces textes. Comme la musique qui rendait Rameau au clavecin, les autres arts ont engagé le même mouvement d’authenticité. Ce ne peut donc être qu’avec effarement que l’on voit s’agiter, à propos de l’œuvre de Roald Dahl et au nom d’une soi-disant « sensibilité » qui serait blessée, de nouveaux braghettone qui n’hésitent pas à toucher au texte. Mais la littérature a toujours blessé, bouleversé, fracturé : Saint-Simon blessait la cour, les Lumières blessaient la religion, Flaubert blessait la bourgeoisie et Céline blessait tout le monde. Retirer à la littérature cette force, c’est la tuer.

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