Conseil des Sages de la laïcité : l’inflexion de Pap Ndiaye

Conseil des Sages de la laïcité : l’inflexion de Pap Ndiaye

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Conseil des Sages de la laïcité : l’inflexion de Pap Ndiaye

Read More  Pap Ndiaye procéderait-il à une dilution du Conseil des Sages de la laïcité ? On note en tout cas une nette inflexion dans la ligne impulsée par Jean-Michel Blanquer… L’actuel ministre de l’Éducation nationale compte, en effet, remodeler l’organisme créé par son prédécesseur, en 2018, et fondé pour « exercer auprès du ministre une mission de conseil, d’expertise et d’étude relative à la mise en œuvre du principe de laïcité et à la promotion des valeurs de la République » à l’école. Jusqu’alors peu sollicité par Pap Ndiaye, le Conseil des Sages de la laïcité et des valeurs de la République – considéré comme l’outil d’une vision rigoureuse de la laïcité – voit son périmètre étendu à « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et toutes les formes de haine et de discriminations, l’égalité femme-homme, la promotion du principe de fraternité à l’école », a fait savoir le ministère. À LIRE AUSSILaïcité : pourquoi le ministre de l’Éducation devrait s’inquiéterDe nouveaux membresSa composition, aussi, évolue. Puisque Pap Ndiaye a nommé, dès ce vendredi 14 avril, cinq nouvelles personnalités (en plus des quinze membres actuels) et rendu facultatif le poste de secrétaire général adjoint, occupé par Iannis Roder, qui s’était fait remarquer pour ses prises de position sans concession sur la laïcité. Présidé par la sociologue Dominique Schnapper, elle aussi sur une ligne très républicaine, le conseil devra ainsi voir coexister plusieurs sensibilités. Et pour cause, parmi ces nominations, celles d’Alain Policar, qui avait critiqué dans une tribune en 2019 ceux qui font « de la laïcité une arme contre la religion ». Un choix qui laisse supposer une décision hautement politique à l’égard du conseil. « Par ses positions sur la laïcité, le racialisme et l’antiracisme, il est très conforme à ce que pense Pap Ndiaye, commente un grand spécialiste de la laïcité auprès du Point. On peut tout à fait imaginer qu’il devienne le bras de ce dernier dans le Conseil des Sages. » À LIRE AUSSILaïcité : « La France des profs a peur »Mais les choix de Pap Ndiaye marquent encore une autre rupture. Le bulletin officiel de ce jeudi 13 avril faisant état d’une révision des pouvoirs à la baisse du conseil. Ce dernier n’agira dorénavant que « sur saisine du ministre » et rendra ses avis à ce dernier. « Jusqu’ici le conseil pouvait s’autosaisir et n’a d’ailleurs pas cessé de le faire. Des Sages qui ne peuvent pas agir librement, sont-ils encore Sages ? interroge encore le spécialiste. C’est préoccupant… » 

Pap Ndiaye procéderait-il à une dilution du Conseil des Sages de la laïcité ? On note en tout cas une nette inflexion dans la ligne impulsée par Jean-Michel Blanquer… L’actuel ministre de l’Éducation nationale compte, en effet, remodeler l’organisme créé par son prédécesseur, en 2018, et fondé pour « exercer auprès du ministre une mission de conseil, d’expertise et d’étude relative à la mise en œuvre du principe de laïcité et à la promotion des valeurs de la République » à l’école. 

Jusqu’alors peu sollicité par Pap Ndiaye, le Conseil des Sages de la laïcité et des valeurs de la République – considéré comme l’outil d’une vision rigoureuse de la laïcité – voit son périmètre étendu à « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et toutes les formes de haine et de discriminations, l’égalité femme-homme, la promotion du principe de fraternité à l’école », a fait savoir le ministère. 

À LIRE AUSSILaïcité : pourquoi le ministre de l’Éducation devrait s’inquiéter

De nouveaux membres

Sa composition, aussi, évolue. Puisque Pap Ndiaye a nommé, dès ce vendredi 14 avril, cinq nouvelles personnalités (en plus des quinze membres actuels) et rendu facultatif le poste de secrétaire général adjoint, occupé par Iannis Roder, qui s’était fait remarquer pour ses prises de position sans concession sur la laïcité. Présidé par la sociologue Dominique Schnapper, elle aussi sur une ligne très républicaine, le conseil devra ainsi voir coexister plusieurs sensibilités. 

Et pour cause, parmi ces nominations, celles d’Alain Policar, qui avait critiqué dans une tribune en 2019 ceux qui font « de la laïcité une arme contre la religion ». Un choix qui laisse supposer une décision hautement politique à l’égard du conseil. « Par ses positions sur la laïcité, le racialisme et l’antiracisme, il est très conforme à ce que pense Pap Ndiaye, commente un grand spécialiste de la laïcité auprès du Point. On peut tout à fait imaginer qu’il devienne le bras de ce dernier dans le Conseil des Sages. » 

À LIRE AUSSILaïcité : « La France des profs a peur »

Mais les choix de Pap Ndiaye marquent encore une autre rupture. Le bulletin officiel de ce jeudi 13 avril faisant état d’une révision des pouvoirs à la baisse du conseil. Ce dernier n’agira dorénavant que « sur saisine du ministre » et rendra ses avis à ce dernier. « Jusqu’ici le conseil pouvait s’autosaisir et n’a d’ailleurs pas cessé de le faire. Des Sages qui ne peuvent pas agir librement, sont-ils encore Sages ? interroge encore le spécialiste. C’est préoccupant… »

 

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