Durant le mois de mars, l’Université Grenoble-Alpes organise son « mois de l’égalité ». Alors que cet événement planétaire est dramatiquement ignoré par les médias nationaux, l’université assume fièrement sa nouvelle mission d’endoctrinement à laquelle George Orwell lui-même n’a certainement pas pensé*.
*Tous les exemples cités ci-dessous sont malheureusement authentiques.
Sonnez tocsins et tambours, réjouissez-vous braves gens : voici venu le mois de l’égalité, célébré dignement par l’Université de Grenoble-Alpes (UGA). Le programme s’avère particulièrement alléchant (https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites-et-evenements/mois-de-l-egalite-2026-1686362.kjsp?RH=1695913839109) :
• du 2 au 6 mars 2026 : semaine autour de la santé des femmes à l’université.
• du 9 au 13 mars 2026 : semaine de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
• du 16 au 20 mars 2026 : semaine de lutte contre les discriminations raciales.
• du 23 au 27 mars 2026 : semaine de lutte contre la haine anti-LGBTQIA+.
Parmi les activités proposées, on retiendra notamment « la double identité en France », « Femmes et IA », « Sur les traces des pionnières », « Sensibilisations aux violences sexistes et sexuelles », « Les représentations LGBTQIA+ », « Stéréotypes et parentalité ».
Ce n’est évidemment pas tout. Outre une belle pièce de théâtre « contre la transphobie », il y aura aussi une superbe exposition sur « La précarité menstruelle ». Le public avide de connaissances ne pourra que se rendre à la conférence « Briser les stéréotypes : femmes dans l’ingénierie nucléaire ». Dans la même veine, on ne manquera pas l’exposition « Mathématiques, informatique… avec elles », ou l’exposition « Femmes en maths… pourquoi pas vous ? ». Parallèlement, on se rendra avec plaisir au pique-nique en langue des signes. On pourra aussi tenter sa chance au concours « Créer ensemble un monde plus inclusif ». Un moment plus dramatique sera l’exposition dessinée intitulée « Les crocodiles » portant sur le thème du harcèlement (les crocodiles, ce sont bien sûr les hommes). Passé ce moment terrible, on se joindra avec enthousiasme à un sympathique karaoké, sous réserve bien sûr de proposer une chanson qui défende « l’égalité pour toutes et tous ».
Autre moment très attendu : l’atelier dédié à la « couture de culottes menstruelles ». Mentionnons aussi la conférence (suivie d’un atelier) que l’architecte-chercheuse Milena Charbit consacrera à l’architecture lesbienne, domaine injustement oublié par la normativité hétérosexuelle et patriarco-capitaliste. Pour clore ce mois merveilleux, on se précipitera finalement au spectacle « Mérou » proposé par Lou Trotignon où le narrateur raconte sa transition de genre.
Les esprits chagrins trouveront que ce programme manque quelque peu de variété, voire qu’il sonne légèrement woke. Il est vrai que, durant ce festival, les débats se font rares : aucun moment n’est prévu pour discuter de la notion d’égalité, de sa compatibilité avec la liberté, ou de sa divergence avec l’équité, et il serait vain de chercher la moindre occasion où l’on oserait questionner la différence des sexes. Bref, rien ne ressemble ici à ce qui faisait jadis la mission de l’université et le sel de la disputatio academica.
Mais au diable l’antique philo de papa ! L’heure n’est plus à ces misérables discutailles sans intérêt alors que l’heure est à l’action, voire à la lutte comme le proclame l’agenda présenté plus haut. Le but est d’orienter les consciences, non de les pervertir par des questionnements qui troublent et égarent les esprits fragiles.
La seule question qui vaille est plutôt de savoir pourquoi on se contente de si peu. Vu l’importance de ces sujets, la durée d’un mois est-elle bien raisonnable ? Assurément, un trimestre tout entier ne serait pas du luxe. Et pourquoi pas une année entière, où on remplacerait l’ensemble des enseignements par des débats inclusifs permanents, lors desquels professeurs et étudiants échangeraient en toute égalité sur l’égalité, notamment menstruelle ? Voyons grand, camarades ! La révolution de l’égalité est en marche : elle commence à l’université et rien ne l’arrêtera !